Archive de l’étiquette moteur

Le développement psychomoteur de votre enfant

Dans les premières années de la sa vie, votre enfant va faire une multitudes d’acquisitions, il va apprendre à jouer, à parler, à se déplacer … Il découvre le monde et devient de plus en plus autonome.

 

Développement psychomoteur

Le développement psychomoteur est lié à la maturation du système nerveux. La maturation du cerveau n’est pas encore terminé à la naissance, le bébé ne possède pas encore toutes ses possibilités. De nouvelles connexions nerveuse vont lui permettre petit à petit d’exécuter des mouvements de plus en plus précis et d’aller dans de nouvelles positions.

Il se fait en parallèle dans 4 aspects différents :

  • le développement postural;
  • la coordination occulo-manuelle;
  • le langage;
  • la communication.

Le développement psychomoteur se fait plus ou moins de la même façon chez tous les enfants. Il se fait de manière progressive et harmonieuse. Il dépend également des aptitudes personnelles de chaque enfant. Chaque enfant est unique et à un potentiel moteur variable, tous les enfants ne deviendront pas champions de saut en longueur! Mais, il dépend également des expériences motrices qu’il va faire ainsi que de la stimulation extérieure. C’est là que maman et papa vont pouvoir influencer bébé.

Ainsi, l’apprentissage de la marche se construit peu à peu, de la même façon que pour construire une maison, il est nécessaire que les fondations soient solides pour pouvoir construire les murs et le toit.

Il y a 3 grandes phases dans le développement moteur:

  • Phase statique: il bouge mais ne se déplace pas ;
  • Phase dynamique: apprentissage des déplacements au sol ;
  • Découverte de la verticalité: il se redresse, maintient son dos en position verticale, se tient assis, se met en suite à genoux puis debout et fait l’apprentissage de la marche.

À la naissance

Quand le bébé naît, il est regroupé en flexion. Il est plutôt “mou”. Il ne tient pas sa tête, elle est encore bien trop lourde. Cependant, il a déjà la possibilité de dégager sa tête à droite ou à gauche quand il est sur le ventre. Ce qui est plutôt pratique pour pouvoir dégager le nez et pouvoir respirer dans cette position. On peut donc déjà mettre son bébé sur le ventre, sous surveillance. Il est déjà capable de remuer les bras et les jambes, d’agripper les doigts grâce au réflexe de grasping, ainsi que de bouger les doigts et de sucer son pouce.

A cet âge et jusque 3-4 mois, votre enfant aura besoins d’être regroupé pour se sentir rassurer et pour lui permettre de développer ses nouvelles aptitudes motrices dans les mois à venir. C’est pourquoi, la sage-femme vous proposera un outil fabuleux qui est l’écharpe de portage ainsi que les autres moyens de portage physiologique.

Entre 3 et 4 mois

Votre enfant commence à pouvoir soulever sa tête quand il est couché sur le ventre, il appuie sur les avant-bras mais se trouve toujours en flexion. Il ne peut pas maintenir la tête relevée très longtemps. C’est alors, qu’il commence à avoir des mouvements moins brusques. Il regarde se qui se trouve autour de lui et commence à diriger ses mains vers les objets qui sont attirants mais il ne comprends pas encore que ses mains lui appartiennent et qu’il est capable de les bouger.

Votre enfant pourra passer de plus en plus de temps sur le ventre et sur le dos. Il faut lui permettre de rester sur des tapis de sorte à pouvoir découvrir ses possibilités de mouvements.

Entre 4 et 5 mois

Il commence à prendre conscience qu’il est capable de bouger ses mains dans toutes les directions. Il joue avec ses doigts. Commence à serrer ses mains, à les mettre en bouche. Il découvre avec sa bouche son corps. Votre bébé va commencer à se rendre compte que les mains lui permettent d’attraper les jouets qui l’entourent. Il commence à toucher de manière involontaire pour commencer et petit à petit il commence à pouvoir saisir les objets qui l’entourent et les passer d’une main à l’autre.

Votre tout petit, réussis à décoller les pieds du tapis et les lève toujours plus haut, jusqu’à ce qu’il puisse les attraper et les mettre en bouche. Il découvre que ça fait également partie de lui et qu’il est capable de les bouger.

Pour aider votre bébé, vous pouvez l’encourager à tourner la tête en venant lui parler d’un côté ou de  l’autre. On va pouvoir l’aider à soulever ses pieds, à chaque fois que vous changer votre enfant, venez tenir sa tête et remonter ses pieds de sorte à ce qu’il puisse les attraper et les découvrir. Vous pouvez déjà commencer à jouer avec lui à basculer sur le côté pour lui montrer plus tard qu’il peut pivoter sur le côté. N’hésitez pas à la lui proposer des jouets faciles à prendre de sorte à ce qu’il puisse jouer avec.

À 6 mois

Votre enfant commence à s’ennuyer sur le dos, il lève les pieds et bascule sur le côté de façon involontaire au début et avec le temps il commence à pouvoir le faire volontairement. Il commence à jouer sur le côté. Il peut revenir sur le dos s’il le souhaite. On arrive donc dans la phase dynamique. Quand votre enfant arrive sur le ventre il va pouvoir commencer à pousser sur les bras tendus et retourner sur le dos. Ainsi il découvre qu’il peut se déplacer en roulant dans toute la maison.

S’il n’arrive pas à se retourner, il est possible de l’aider un petit peu. On joue avec les pieds et on roule. Ensuite on l’aide à se retourner depuis le ventre en ramenant une dès jambes fléchie vers sont tronc de sorte à lui montrer qu’il peut pivoter sur le côté.

Entre 7 et 8 mois

Tout d’abord il commence à pouvoir pivoter pour aller chercher les objets qui se trouvent derrière lui. Tout doucement il va apprendre à basculer le poids du corps d’un côté à l’autre depuis le couché ventral. Il est couché sur le ventre et vient attraper avec une main un jouet. Grâce à cet étape il va pouvoir ramper. Plus souvent il commence par ramper en arrière. Il pousse très fort sur ses bras tendus et va alors se déplacer en marche arrière. Alors va naître un vrai ramper. Il peut se déplacer dans toute la maison et découvrir de nouvelles choses.

S’il n’arrive pas à ramper, vous pouvez aider votre enfant en venant fléchir une de ses jambes et en lui donnant un appui à la plante du pied de sorte à ce qu’il puisse se propulser en avant. Il va alors découvrir qu’il peut pousser dans ses pieds pour avancer.

Entre 8 et 10 mois

Sans le faire exprès il va découvrir qu’il est également capable de lever les fesses. Il va se retrouver quelques secondes dans la position du 4 pattes qu’il ne connaît pas encore. Cette position va lui permettre d’attraper des jouets plus haut et lui donnera une vision différentes des choses. Après plusieurs arrivées en 4 pattes fortuites, il va pouvoir comprendre comment le faire tout seul. C’est alors qu’arrive le jeu du petit lapin. Il va se mettre en 4 pattes et tester son équilibre, il joue d’avant en arrière tel un petit lapin. Il travaille en réalité son équilibre, ce qui va lui permettre par après d’avancer à 4 pattes.

Une fois qu’il sera bien stable il va découvrir que depuis ce 4 pattes, il arrive à se mettre assis seul. Avant cela, un enfant ne doit pas être mis assis trop souvent, il peut être mis assis mais pas toute la journée, ça ne doit pas être sa position favorite. Il ne doit pas être laissé assis seul, s’il ne sait pas comment sortir de cette position. Une position figée dans laquelle il ne peut pas sortir, est inutile pour son développement et peu même le retarder dans l’acquisition de la marche. Dans cette position assise il va jouer d’avant en arrière pour travailler son équilibre et va développer des réactions de protection.

 

Après 10 mois

À cet âge votre tout petit est devenu indépendant, il avance, il est capable de varier les positions, mais, un beau jour il va vouloir attraper un objet situé un tout petit peu plus haut. Il va prendre appui sur ses mains et se retrouver en genoux assis et ensuite en genoux dressés. Votre enfant renforce ainsi le muscle de son dos et de ses hanches.

Et après, il va pouvoir passer une jambe devant pour arriver dans le position du chevalier servant. C’est une position qui travail la stabilité du bassin, l’appui sur la plante du pied et l’équilibre. Il demande une très bonne dissociation des jambes et permet de se mettre debout. Le voilà alors debout !

Il est possible que votre petit se mette debout avant ça avec les barreaux du parc, cependant il n’est pas encore prêt. C’est la traction dans les bras qui leur permet de se mettre debout et les jambes ne travaille presque pas. Ce n’est pas un bon exercice pour eux.

Il est inutile d’encourager votre enfant à pousser sur ses pieds alors qu’il n’a que quelques mois. Ce n’est pas de son âge. Tout comme il est inutile de le mettre dans un trotteur. Celui-ci lui donnera la sensation que pour se déplacer il peut être assis confortablement dans son trotteur en poussant sur la pointe des pieds. Cela retarderait même la marche.

Après 12 mois

Voilà alors le moment tant attendu, il se lâche pour faire ses premiers pas tout seul, pour la plus grande fierté de papa et maman.

Evidement, comme dis auparavant votre enfant n’est pas réglé comme une horloge. Il ne va pas obligatoirement marcher à 12 mois pile. Tout comme pour les autres étapes. Et ce n’est pas pour autant qu’il est en retard où qu’il a un problème.  L’acquisition de la marche se fait entre 12 et 18 mois.

Infirmité motrice cérébrale

Qu’est-ce que l’Infirmité Motrice Cérébrale ?

I.M.C = infirmité motrice cérébrale

CP= Cerebral plasy (paralysie cérébrale)

“L’infirmité motrice cérébrale ” est le groupe d’affections du développement du mouvement et de la posture entraînant des limitations des activités, attribué à des troubles non progressifs survenus sur le cerveau en développement du foetus ou du jeune enfant (pré – péri ) post natal).

Les désordres moteurs sont souvent accompagnés de perturbations de la sensation, de la cognition, de la communication, de la perception, et/ou du comportement et/ou de crises d’épilepsie”. 2005 Bobath

Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

Il s’agit donc d’une lésion au niveau du cerveau, plus précisément dans le système nerveux central. C’est une lésion qui n’évolue pas dans le temps et ne change pas. On considère que 3 personnes/ 1000 sont atteintes d’infirmités motrices cérébrales.

Cette lésion a eu lieu à un moment autour de la naissance, avant ou jusqu’à 2 ans après. Cette lésion peut être provoquée par beaucoup de facteurs différents.

Enfant IMC en séance de kinésithérapie

Enfant IMC en séance de kinésithérapie

Le groupe des IMC comprend donc autant des enfants atteints de manière très sévère que des enfants atteints très légèrement.

Selon l’atteinte au niveau du cerveau l’enfant va avoir des soucis qui peuvent aller de la légère maladresse à la paralysie des 4 membres. On fera une distinction entre une “plagie” qui est une atteinte plus sévère et une “parésie” qui est une atteinte plus discrète. L’atteinte peut être située à un seul membre mono (-plégie/ -parésie), à un côté droit ou gauche hémi (-plégie/parésie), supérieur au niveau des membres inférieures diplégie ou atteinte des 4 membres similaires quadriplégie.

On parlera également de spasticité, c’est-à-dire un tonus (état de contraction musculaire contre pesanteur qui permet de maintenir une posture) trop élevé qui permettra à l’enfant de faire que très peu de mouvements.

Mais encore, vous pourriez aussi entendre parler de choréo-athétose, c’est-à-dire un tonus fluctuant, avec des mouvements continus involontaires.

Et aussi, nous parlons d’ataxie cérébelleuse, c’est-à-dire des troubles de l’équilibre et de la coordination.

Quelle sera l’évolution ?

Selon l’atteinte et selon l’enfant, il peut y avoir une évolution très différente. Certains seront atteints très sévèrement et seront en chaise roulante et dépendants des autres. Alors que d’autres seront tout à fait autonomes avec une légère difficulté à l’équilibre ou une maladresse à la fatigue.

Le point commun à tous les enfants sera qu’ils vont avoir un manque de contrôle dans leurs gestes lié à la lésion cérébrale.

Ces enfants seront comme tous les enfants, des enfants qui auront leurs caractères, leurs préférences, leurs désirs. Il est nécessaire qu’ils puissent s’épanouir malgré leur difficulté dans les domaines qu’ils aiment. De plus, ils sont souvent très volontaires et s’épanouissent dans les activités qu’ils aiment. Ils vont créer des liens affectifs leurs familles, ils auront leurs copains. Et ils apprendront à gérer leur vie en fonction de leur autonomie et de leurs centres d’intérêt.

Les problèmes associés

L’infirmité motrice cérébrale sera effectivement toujours associée à un trouble moteur, mais l’enfant peut aussi avoir des troubles associés.

  • Difficultés alimentaires
  • Troubles de la parole
  • Problèmes visuels
  • Troubles auditifs
  • Épilepsie
  • Troubles de la mémoire et de la concentration
  • Un déficit intellectuel
  • Trouble du sommeil
Un enfant IMC peut être passionné de musique comme tout autre enfant

Un enfant IMC peut être passionné de musique comme tout autre enfant

L’aide thérapeutique

Il est important que l’enfant soit pris en charge le plus tôt possible. Même si la guérison ne peut être envisagée, la qualité de la rééducation et la régularité des séances permettront de diminuer l’importance du handicap et d’augmenter l’autonomie de l’enfant.

Dans notre cabinet nous avons plusieurs cordes à notre arc pour diminuer le handicap de votre enfant, nous utilisons notamment une thérapie basée sur le concept Bobath.

Nous allons ensemble réaliser un projet thérapeutique individuel à l’enfant.

Les objectifs seront :

  • Acquérir une meilleure fonctionnalité et favoriser son autonomie ;
  • Apprentissage des schémas moteurs normaux. On essaie d’empêcher les schémas moteurs anormaux ;
  • Donner une variabilité des mouvements, capacité de réaliser les mouvements plusieurs façons différentes ;
  • Prévenir les dégradations orthopédiques.

Si vous avez des questions, prenez contact ou prenez rendez-vous si votre pédiatre a prescrit des séances de kinésithérapie pédiatrique.