Dyspraxique mais fantastique

Dyspraxique mais fantastique

Dys … Quoi ?

Dys : fonctionne mal + praxie: coordination des gestes appris. Un enfant dyspraxique a donc une mauvaise coordination de tout geste.

Pour des raisons encore souvent inconnues, ces enfants ne disposent pas de certaines de leurs fonctions cognitives. Ils se trouvent alors face à des difficultés, des échecs, des impossibilités qu’ils ne comprennent pas. Cela peut donner lieu de la part des adultes à des interprétations erronées qui ajoutent encore à la confusion de l’enfant.

Enfant dyspraxique dessinant sur un tableau

L’enfant dyspraxique n’arrive pas à écrire et dessiner

Ce n’est donc ni la qualité ni l’intensité de l’entraînement, ni la méthode pédagogique, ni les efforts, ni la bonne volonté de l’enfant qui sont en cause. Mais bien son aptitude, ses capacités cérébrales (neurodéveloppementales) à développer ces performances …

Poursuivre les entraînements habituels ne consisterait alors qu’à proposer, sans cesse et sans fin, «toujours plus de la même chose qui ne marche pas ».

Quelles sont les principales manifestations ?

Ce sont des troubles :

  • Moteurs : maladresse, lenteur et difficulté de coordination
  • Visuo-spatiaux: difficulté à s’orienter dans l’espace, désorganisation
  • Logique mathématique : difficulté à poser des opération
  • Du langage : difficulté d’élocution

Concrètement, l’enfant dyspraxique à des difficultés à manipuler certains objets. Il n’arrive pas à écrire et dessiner, il tombe souvent et n’est pas doué en sport. Il a aussi tendance à oublier ou à intervertir les étapes d’une tâche, il a des difficultés dans les tâches où il doit assembler des pièces pour faire un montage ou une construction, …

À l’école, les productions graphiques de l’enfant dyspraxique sont pauvres. L’écriture est déformée, irrégulière avec un non-respect de la ligne, une pression du crayon plus ou moins importante, et il est parfois illisible et lent. Les cahiers sont peu soignés, sans présentation ordonnée et structurée différenciant les titres du texte… L’enfant dyspraxique présente des difficultés pour poser et résoudre des opérations de calcul simple, étant souvent gêné au niveau de l’organisation visuospatiale. Il présente des difficultés motrices ou visuospatiales, voire un échec total pour copier des formes complexes (en géométrie, pour copier des schémas et tableaux). En effet, il semble perdu sur sa feuille, il ne suit pas une organisation structurée pour recopier, c’est à peine s’il regarde le modèle. Des difficultés existent aussi pour colorier proprement, découper correctement, placer des gommettes, faire des collage …

Qu’en est-il du sport ?

Il n’aime pas les activités sportives de façon générale. Cependant, la compréhension de l’enfant est bonne avec un bon niveau verbal prédominant. Sur le plan du comportement à l’école, il est mal à l’aise dans son corps. Il peut rester isolé par rapport aux jeux collectifs et est très sensible aux moqueries, à l’échec de ses actes. Il compense souvent par des clowneries, à la limite de l’insolence.

Quel sera son parcours scolaire ?

Le parcours scolaire de l'enfant dyspraxique

Le parcours scolaire de l’enfant dyspraxique

Le cheminement de chaque enfant dyspraxique est difficile à prédire. Beaucoup de facteurs vont intervenir, en particulier, la sévérité du trouble et la présence ou non de conditions associées. En effet, la poursuite d’une scolarité au rythme habituel et visant des diplômes va demander à l’enfant des efforts sur le très long terme. Des moments difficiles prévisibles, des déceptions, des échecs partiels qu’il faudra pouvoir surmonter. La personnalité de l’enfant et la qualité du soutien parental peuvent être déterminants tout au long de ce qui peut être vécu comme une véritable course d’obstacles.

En cas de difficulté importante, l’enfant sera rediriger vers un enseignement spécialisé de type 8. C’est le cas quand les adaptations dans l’enseignement ordinaire se sont révélés insuffisants.

Il existe également une solution alternative qui permet à l’élève de rester dans l’enseignement ordinaire tout en bénéficiant de l’accompagnement du personnel de l’enseignement spécialisé dans son école ordinaire. C’est ce qu’on appelle un projet d’intégration.

Le traitement de la dyspraxie ?

Dans tous les cas, les jeunes dyspraxiques ont besoin que leurs capacités soient préservées. Leur intelligence et leur raisonnement sont utilisés comme leviers pour favoriser leurs apprentissages. Ils ont besoins de s’appuyer sur le langage pour conserver leur savoir.

Les adaptations spécifiques sont indispensables. C’est la stratégie d’accès (la pédagogie) aux savoirs qui doit être spécifiquement aménagée (et non leur contenu).

Il faut sans cesse savoir anticiper et prévoir aujourd’hui les adaptations dont le jeune aura besoin demain. Attendre que l’enfant soit confronté à un problème pour commencer à chercher ou proposer une solution est une stratégie inappropriée en termes de délai de mise en œuvre.

Donc l’objectif de la rééducation sera de limiter le handicap. Cela suppose donc de repérer les situations de handicap : à quel endroit, dans quelles circonstances et quelle activité ? On peut alors tenter de rééduquer le jeune et/ou aménager les conditions environnementales.

3 axes de traitements

  • Rééduquer les activités indispensables
  • Aménager les situations génératrices d’un handicap
  • Eviter, car on ne peut pas tout rééduquer

En kinésithérapie pédiatrique, nous allons travailler sur l’image du corps, la structuration du temps, la motricité et la coordination.

Si vous avez des questions, prenez contact ou prenez rendez-vous si votre médecin a prescrit des séances pour la dyspraxie de votre enfant.

À propos de l’auteur

Amandine Daffe kinesitherapeute

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